La forme, la marée basse et l’horizon

La forme, la marée basse et l’horizon

Synopsis

Rosie et Freddy sont pêcheurs dans un pays humide dont le nom n’est jamais mentionné. Leur vie, simple et paisible en apparence, est rythmée par les marées, le cri des mouettes et les quelques rares événements culturels proposés dans la salle commune. Évoluant dans un contexte économique difficile, ils doivent faire preuve d’imagination pour parvenir à boucler les fins de mois. Rosie, d’un naturel optimiste, trouve son compte dans ce quotidien fragile et mobilise toute son énergie à tenter de le rendre un peu moins terne. Freddy, anxieux et insatisfait, cherche, sans vraiment l’avouer, le chemin qui pourrait le rendre heureux.
Dans l’atmosphère brumeuse et étouffante de cette petite ville côtière, la découverte d’une étoile de mer philosophe, la capture d’un goéland, la maladie d’une amie et l’imperceptible fatigue routinière vont déclencher des questionnements qui mettront en péril la tranquillité du couple. Personne ne sait si LA FORME, LA MARÉE BASSE ET L’HORIZON raconte une histoire vraie. La notion de réalité n’a plus d’importance, évanouie dans un brouillard épais. Seuls restent ce besoin profond de donner un sens à son existence et cette quête impossible du juste destin. Entre deux gouttes de pluie et une odeur d’algues, un chœur de pèlerines entame un chant sur les animaux marins, une guitare accompagne les doutes et la vie suit son cours, cahin-caha, là-bas comme ici.

Intention

Nous sommes confrontés au quotidien à une multitude de choix. Devant le rayon de yogourts par exemple, ou au moment de s’acheter un ordinateur, un appareil photo ou un nouveau canapé. Nous devons également choisir une formation, un lieu de vie, un partenaire, une garderie pour nos enfants, un home pour nos parents . Tout ou presque paraît possible mais ce qui peut sembler constituer une grande liberté peut aussi devenir une véritable source d’angoisse et d’insatisfaction. Parmi toutes ces décisions, lesquelles sont vraiment importantes ? Et avons-nous une réelle influence sur le déroulement de nos existences ?
Sans vraiment en être conscients, les personnages de LA FORME, LA MARÉE BASSE ET L’HORIZON tentent de répondre à ces questions. Ils avancent tant bien que mal dans leur quotidien ordinaire et s’efforcent de s’y sentir bien, d’y trouver un sens. Pêcheurs dans un pays qui n’ existe pas, confrontés à un bouleversement de leur quotidien, ils s’aiment d’un amour tendre, ont du mal à se comprendre et découvrent la fatalité et l’obligation de s’adapter, entourés d’animaux philosophes et d’amis qui s’en vont.
Muni d’un casque sur lequel deux boutons lui permettent de sélectionner le canal audio qu’il veut entendre, le spectateur vit en même temps que nos personnages la perplexité et la difficulté de choisir face à une liberté offerte souvent sans mode d’emploi. Il est possible qu’il se rende compte très vite que ses décisions ont en réalité peu de poids sur le déroulement du récit. Il est très probable également qu’il rentre chez lui après le spectacle avec cette sensation de curiosité, de frustration et d’envie irrésistible de savoir ce qui se passait sur l’autre canal, celui qu’il n’a pas choisi.

Dispositif

Le système des casques est utilisé habituellement lors des très populaires Silent Disco. Ces soirées d’un genre particulier proposent des pistes de danse sur lesquelles deux DJs différents (ou même trois parfois) diffusent leur musique en même temps. Celle-ci n’est pas émise dans toute la salle mais uniquement par le biais des casques que portent tous les danseurs. Ces derniers peuvent donc, en appuyant simplement sur un bouton, choisir eux-mêmes quel rythme ils souhaitent privilégier. Dans La forme, la marée basse et l’horizon, les comédiens, sur scène, sont équipés de micros qui transmettent leur voix à la régie son. Le même dispositif est utilisé pour les instruments de musique. Le son traité par le régisseur est envoyé directement par ondes radio aux casques individuels de chacun des spectateurs, sur deux fréquences distinctes. Chaque spectateur est libre de changer à tout moment de fréquence et d’apprécier la différence entre les deux positions de son interrupteur. De nombreux cas de figure sont expérimentés. Le spectateur peut être amené par exemple à choisir, parmi deux scènes se déroulant en parallèle sur le plateau, laquelle il souhaite écouter, tout en gardant un œil curieux sur l’autre. Il peut également écouter les pensées de l’un ou l’autre protagoniste d’une scène muette ou créer l’ambiance sonore qu’il désire en sélectionnant un type de musique parmi les deux qui lui sont proposés.
Texte
Fanny Wobmann
Mise en scène
Création collective
Jeu
Laure Aubert, Adrien Gygax, Julien Jacquérioz (à la création), Nicolas Lambert et Laurence Maître
Musique
Nicolas Lambert
Lumière
Adrien Gygax
Régie son
Olivier Gabus
Fabien Guerra (création son)
Coproductions
Centre de culture ABC – La Chaux-de-Fonds, La Belle
Usine – Fully
Soutiens
La Fondation Engelberts, La Loterie Romande, La Fondation Ernst Göhner, Le Canton de Neuchâtel, La Ville de La Chaux-de-Fonds, La Fondation suisse des interprètes ou exécutants, Le Fonds d’aide à l’emploi des Teintureries
Dates à venir
Samedi 14 novembre 2015 à l’Abri, Genève, 20h
Mercredi 18 et jeudi 19 novembre au Théâtre du Pommier, Neuchâtel, 20h

Dates passées

22.11.2013
Fondation Engelberts, Mies, VD
28 et 29.11.2013
Théâtre de la Belle-Usine, Fully, VS
14, 15, 19, 20, 21, 22.12.2013
Centre de culture ABC, La Chaux-de-Fonds, NE
15.03.2014
Théâtre de la Tournelle, Orbe, VD
4 et 5.04.2014
Le SAS, Delémont, JU